Dimanche 11 novembre 2012, jour 111
Nous avons encore ce matin, 6 à 8 milles
nautiques à faire dans cette zone qui a beaucoup de courant. Pour optimiser notre vitesse avec le moins
d’effort possible pour gaston, notre moteur, nous attendons à 13h30 pour partir
avec le courant dans la direction qui nous favorisera. Pour ce bout de rivière, 3 ou 4 nœuds ce
n’est pas négligeable, autant s’en servir.
Cette journée nous fera encore traverser une de ces régions cossues de
l’ICW. Pendant des kilomètres et des
kilomètres des résidences somptueuses.
Même si je doute encore et toujours du bien fondé de si grosses
résidences, je dois avouer qu’à regarder, c’est bien beau. Toute les 100 ou 120 maisons (je n’ai pas
compté) il y a une petite maison, ou un petit chalet sans prétention. Comme pourrait le dire Elvis
Graton :«think big ‘sti»… Nous
finirons notre journée loin de tous ces gros dollars et irons jeter l’ancre à
Pine Island. Un petit coin désert au
milieu des marécages, îles et forets.
Nous serons une dizaine de bateaux à partager l’espace pour la
nuit.
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On appelle ça se faire surprendre par la marée |
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Pine Island |
Lundi 12 novembre, jour 112
On met encore le courant à notre profit ce
matin. On lève l’ancre à 9h00. Nous n’avons que 12 milles nautiques à faire
pour se rendre à St-Augustine. 11h20
nous jetons l’ancre dans la baie de St-Augustine juste en face du fort. Ses allures espagnoles, ses tours somptueuses,
ses bâtiments magnifiques, son fort bien conservé, dès notre premier regard sur
la ville nous sommes conquis. Demain,
après s’être assuré que notre ancre tient bien, nous irons faire un tour en
ville. Dans la baie nous avons, en
prime, un beau spectacle de dauphins.
Certains vont jusqu’à sauter hors de l’eau au plus grand plaisir des
spectateurs présent à leur bateaux. Quel
beau spectacle… Notre journée se
terminera sur un couché de soleil aussi splendide que les nombreux précédents…
mais ça non plus on ne s’en lasse pas.
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Plage de St-Augustine |
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St-Augustine, le phare |
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Bel accueil |
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Wow |
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Notre voisin d'ancrage... Le Fort de St-Augustine |
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Coup de canon |
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deuxième coup de canon |
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Y a de l'action même au dessus de nos têtes |
Mardi 13 novembre, jour 113
Ce matin on fait quelques petites choses à
l’intérieur du bateau. Faut quand même
faire notre «ordinaire» En voilier c’est
comme à la maison, il y a du ménage à faire.
La différence est principalement la grandeur, il en va de soit. Mais aussi l’inconvénient de l’étroitesse de
l’espace. Y travailler à 2 ce n’est pas
toujours facile. Je vous reviendrais
bientôt sur ce qu’on pourrait appeler «une page de vie à bord d’un voilier de
36’» C’est bon et moins bon côté. Mais en attendant, allons en ville. On s’embarque dans le dinghy pour faire le
mille qui nous sépare du quai à dinghy de la marina. Une chance, il n’y a pas trop de vagues
aujourd’hui… On va arriver à terre tout sec…
À la sortie des quais un beau petit parc avec une tonnelle et en arrière
plan, la ville. Nos yeux ne savent plus
donner de la tête. Nos premiers pas nous emmènent sur la
King. Boutiques, restaurants, galeries
d’art, cafés. Quelques coins de rue et
c’est la découverte de Flagler Collège.
Ce bâtiment est tout simplement superbe.
À lui seul cet édifice vaut le déplacement. On déambule un bon bout dans les rues en
admirant toutes ces belles maisons d’hier aux couleurs espagnoles.
Flagler College
Mercredi 14 novembre 2012, jour 114.
Déception.
Nous aurions bien aimé retourner en ville aujourd’hui mais les vents
forts de la nuit on montés de belles grosses vagues dans la baie. Juste à penser qu’il faudra faire plus ¼ de
mile en dinghy dans ces vagues n’est pas intéressant. On n’a pas envie de revêtir nos habits de
plonger pour s’y rendre. Bon, ok! J’en
mets un peu…. mais très peu. Les impers
feraient l’affaire… mais tout compte fait, on va attendre à demain.
Jeudi 15 novembre, jour 115
Aujourd’hui c’est un peu moins maussade qu’hier,
il vente encore beaucoup. On s’est fait
brasser toute la nuit à notre ancrage.
Avant de faire quoi que ce soit d’autre, on va traverser le pont et
aller se payer le luxe de prendre une boule de mouillage. Ça devrait être pas mal plus calme de l’autre
côté du pont. Au passage on arrête faire
le plein d’eau, de diesel et la vidange septique. On nous assigne le mouillage no 34. Il y a beaucoup de courant ici aussi. Au moins en étant du côté sud du pont nous
devrions avoir moins de vagues… on l’espère en tout cas. Maintenant qu’Oya Shivo est sécure sur sa
boule de mouillage on retourne en ville.
On profitera aussi des installations de la marina pour faire la lessive. Et une bonne douche, chaude, très chaude, ou
on ne sera pas obligé de faire attention à la quantité de gallons d’eau
utilisés pour se laver. Je sais bien
qu’il ne faut tout de même pas gaspiller l’eau, cette ressource si précieuse,
mais il y a 3 mois déjà que nous sommes partis et dans le voilier nous n’avons
pas d’eau en abondance alors je vais un peu en profiter. Si on prenait plus souvent des marinas il en
serait pas ainsi, mais ce n’est pas le choix qu’on a fait… faut donc
assumer… Puis, quand on manque de
quelque chose… on l’apprécie plus après… donc c’est pour le mieux finalement. La lessive complété on laisse nos sacs à la
laverie de la marina et on repart explorer cette belle ville. On en profitera pour faire un peu de
shopping… Noël arrive à grand pas. La
petite rue St-George recel plein de beaux trésors. De belles petites boutiques de toutes
sortes. On pourrait y passer des heures
et des heures. Mais comme toute bonne
chose à une fin, 16h00 on retourne sur Oya Shivo. Surprise!!!
Mauvaise surprise!!! Bon, il
ventait fort aujourd’hui, mais de là à arracher les 2 ancres et leur daviers,
faut pas charrier. Comme si ce n’était
pas assez, le bras de l’ancre CQR est plié dans un angle d’environ 20°. Les lumières de navigation sur le balcon avant…
kaput. On n’en croit pas nos yeux. C’est à rien y comprendre. On a peine à s’imaginé qu’on a pu tout
arracher ainsi en étant à une boule de mouillage. Ça n’a pas de sens. On prend une boule pour être plus sécure et
on revient au voilier et il y a des dégâts… On va s’en rappelé. Il s’emble qu’une âme charitable à veillé à
rattaché nos ancres pour qu’elle ne blesse pas la coque, c’est toujours ça de
gagné. On regarde un peu autour de nous
pour voir si on n’aurait pas un indice sur l’événement. Rien.
On ne comprend pas. Mario se met
tout de suite au travail car là c’est comme urgent de réparer car si les ancres
ne sont pas opérationnelles nous ne pourrons pas partir. Pendant que Mario est à récupéré et à détaché
les morceaux pendouillant, un couple s’approche en dinghy. La dame, avec presque la larme à l’œil,
annonce à Mario que ce sont eux qui on malencontreusement foncé dans notre
voilier. En voulant prendre la boule de
mouillage voisine, le courant les a transportés directement sur nous. Et comme tous les bateaux ici aux mouillages
bougent beaucoup, les 2 voiliers se sont cognés. Mais çà du cogné fort pour tout arraché comme
ça. Eux ne sont pas plus chanceux, nos
ancres ont fait un trou dans leur voilier… Le gars va nous dédommager, c’est la
bonne nouvelle de l’histoire, mais faudra rester ici un jour de plus pour réparer. (pas de photos, désolé)
Quartier historique
Vendredi 16 novembre 2012, jour 116
On a rarement si mal dormi. La «tabar…» de boule de mouillage a frappée
presque toute la nuit sur la coque du voilier à cause des forts courants. En plus du courant, les vagues nous ont
brassées toute la nuit. Y’a des nuits
comme ça, qui sont moins drôle que d’autre.
Fatigué ou pas, faut commencer notre journée. On a beaucoup de pain sur la planche pour
remettre les ancres en place. Pendant
que Mario commencera la réinstallation, j’irai en ville pour trouver la lumière
qui a été brisée, des bolts en stainless et quelques autres petites
choses. Essayer de trouver une masse
pour redresser le bras de la CQR. Je
suis chanceuse car en arrivant en dinghy à la marina, c’est Stephen, un
québécois francophone qui est de service ce matin, c’est quand même plus facile
en français, qui m’orientera pour mes achats.
En plus, il me dit qu’ils ont une masse et on pourra l’utiliser. Je pars aussitôt en direction du magasin
Sailor’s Exchange (que du matériel usagé) ou j’espère que je vais trouver la
lumière autrement je devrais me rendre chez West Marine qui est plus loin et
pas dans la même direction. Mon premier
arrêt, Sailor’s Exhange, est à quelques kilomètres. La devanture du magasin n’est pas si mal
mais l’intérieur… c’est autre chose. En
ouvrant la porte j’avoue avoir eu un peu peur.
Et là je ne vous niaise pas. J’ai
figé quelques minutes dans l’entré avant de me décider d’avancer. C’est sale, c’est gris, des vieilles
tablettes, un air de vieux magasin général des années 1800, pis encore. Oui, je
suis bel et bien dans un magasin de marchandises de bateaux pas de doute. Mais il y règne un capharnaüm que je ne
croyais pas possible. Même dans mes
pires cauchemars je ne pouvais m’imaginer un tel fouillis. La caverne d’Ali Baba, multiplié par
dix. Ce qui est rassurant, c’est qu’il y
a pleins de gens. Ça entre et sort sans
arrêt. Finalement je me décide et je
fonce à l’aventure dans ces montagnes de boîtes, d’amas d’articles qui jonchent
sur le plancher et sur les tablettes un peu partout. Il y en a vraiment PARTOUT. Il est difficile de passer entre les allées,
si on peut appeler ça ainsi. Ici il ne
faut pas avoir peur de se salir et de fouiller.
C’est les 2 seules qualités qu’il faut avoir pour magasiner ici. Mais je dois avouer qu’il y a vraiment de TOUT
pour un bateau. Si tu veux quelque
chose, tu fouilles, encore et encore, et tu finis par trouver. Ou encore, tu demandes mais là faut pas être
trop pressé. Le service à la clientèle
n’est pas comme on s’attend, il est un peu à l’image du magasin. Pas qu’il ne son pas aimables mais ils sont
sombre et en désordre… comme le magasin.
Je fouille, je fouille, je fouille et je fini par enfin trouver la
lumière. Pareille à celle que nous
avions, c’est parfait. Pour ce qui est
des bolts en stainless… là c’est un peu pire.
Il y a une immense boîte de bois d’environ 5’ x 5’ x 1’ de haut, avec
des vis, bots, washers, écrous, de toutes les grosseurs et longueurs dans cette
même grosse boîte. Pas dans des petites
boîtes ou des petits sacs un peu pèle mêle… non non non… juste lousse comme ça
tout mélangé. Et il m’en faut 10
pareilles avec écrous. IMPOSSIBLE, car je
vais être là encore dans 1 semaine. Je
trouve, in extrémiste, une boîte à terre, dans un fouillis d’autres boîtes, une
petite boîte qui contient quelques petits sacs avec des bolts. Bon, pas exactement comment celles que je
cherche mais pas trop loin. Pour 2$ si
elles ne font pas ce ne sera pas une trop grosse perte. Pour ce qui est des écrous qui vont avec…
j’abandonne la recherche car c’est peine perdue. Je prends quand même le temps de faire le
tour. À mesure que je fouille je deviens
les mains de plus en plus sale mais je suis de plus en plus contente des
trésors que cet endroit recel. Des voiles,
des câblots, des airs climatisés, des VHF, des frigos, des robinets, des hoses,
des pompes, des fils électriques… Des
fils électriques… Nous avons justement
besoin de fil #8 pour arranger le macérateur.
Le fil qu’il a actuellement est trop petit et ça fait sauter les
fusibles… Nous avons aussi besoin de fil
plat pour la radio SSB (ondes courtes)
Je trouve le fil #8 et je demande à un commis pour le fil plat. Je lui explique le genre de fil que je
cherche et il me dit suis moi… Petite
inquiétude mais je l’accompagne, dans l’arrière cour s’il vous plaît… J’avais rien vue à date. Il y a au moins autant ici qu’à
l’intérieur. Des ancres, des dodger, des
bimini, des guindeaux, des vélos, des BBQ…
et j’en passe. On se dirige vers
une vieille vanne dans le fond de la cour.
Il y a encore plein de truc en pagaille.
Il me montre une grosse bobine de fil plat… Eureka… je crois que ça fait l’affaire… J’en prends une longueur. Faut maintenant que je retourne sur Oya
Shivo avec ma cargaison. Du fil de
cuivre étamé... ça pèse un peu… la route sera longue… mais ça valait son pesant d’or. 45$ pour 1 lumière de navigation, 45’ fil #8
étamé, 35’ fil plat étamé et un petit paquet de bolts en stainless… big
deal. Arrivé à la marina, j’embarque ma
cargaison dan le dinghy et je retourne sur Oya Shivo montrer à Mario mes belles
découvertes. Et aussi lui annoncé que
j’ai trouvé une masse à la marina. On
embarque l’ancre de 55 lbs dans le dinghy et on se dirige à la marina. Mario devra frapper avec une mini masse de 2
livres pour redresser le bras de l’ancre… elle n’est pas gagné celle là… Après plusieurs coups et encore plusieurs
autres coups et encore quelques autres il réussira à ramener, tant bien que
mal, l’ancre. Suffisamment en tout cas
pour qu’elle puisse être utilisable sur le guindeau. C’est ça de gagné mais la il l’a eu du mon
Mario, à coup de masse à terre sur le gazon à frapper comme un malade avec une
mini masse… c’est à la dure des fois qu’on en vient à bout… Le «Harbormaster» qui nous a prêté la masse
s’informe du fait qu’on a bel et bien réglé avec le gars qui nous a
accroché. Il veut s’assurer qu’on a été
dédommagé. Tout est bien qui fini bien…
demain on pourra repartir. Nous
retournons sur Oya Shivo réinstallé notre nouvelle ancre stylisée… (car elle a
encore un petit croche).
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